Jee Young Lee : des mondes grandeur nature créés à la main

Jee Young Lee est une artiste coréenne qui créée d’incroyables tableaux photographiques entièrement à la main, sans aucune retouche numérique. Des scènes sorties tout droit de son esprit, de ses rêves, de son imaginaire, auxquelles elle donne méticuleusement vie dans son studio de 3,60 mètres sur 6. Mêlant la sculpture, la peinture, et l’installation artistique, cette artiste créée intégralement chaque décor elle-même, élément après élément, en partant de zéro.

Le résultat est une série de photo qui vous saisi au premier regard, un monde onirique rempli de poésie, d’étrangeté, d’émotions qui vous pénètre, un travail extraordinaire sur les couleurs, les détails, l’espace qui vous embarque et force l’admiration. Quand on prend la peine de se régaler de tous les merveilleux détails de ces scènes, on se dit qu’à se stade, ce n’est même plus de la minutie, mais du Génie.

Lorsque j’ai découvert son travail, je suis tombée en arrêt devant sa beauté et sa délicatesse, devant la patience et la créativité qui se cache dans chacun de ces tableaux photographiques, devant l’immense talent de cette jeune artiste. Je trouve fascinant l’idée qu’elle ait créé intégralement elle-même chacune de ces scènes…  Avant de découvrir un peu plus son travail au travers de l’interview réalisée par hungertv, je vous laisse embarquer dans ses photos.

Bon voyage…

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JYL007-JeeYoungLEE-OPIOM-Ill-be-back_120x96cm_Inkjet-print_2010
JYL006-JeeYoungLEE-OPIOM-last-supper_120x96cm_Inkjet-print_2011
JYL005-JeeYoungLEE-OPIOM-my-chemical-romance_144x190cm_Inkjet-print_2013
JYL004-JeeYoungLee-OPIOM-Nightscape_120x96cm_Inkjet-print_2012
JYL003-JeeYoungLEE-OPIOM-panic-room_180x144cm_Inkjet-print_2010
JYL002-JeeYoungLEE-OPIOM-resurrection_120x96cm_Inkjet-print_2011
JYL001-JeeYoungLEE-OPIOM-the-little-match-girl_160x128cm_Inkjet-print_2008
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Le travail de Jee Young lee est influencé par sa vie, tout simplement : « les hauts et les bas, les relations humaines, les souvenirs et l’expérience, les rêves et les changements dans l’environnement sont autant de sujets importants dans mon illustration. Ils peuvent être des événements mineurs qui ont retenu mon attention ou des questions qui me hantent depuis des années ». Si Jee Young Lee base son travail sur ses expériences personnelles et ses sentiments, elle explique que : « ils n’ont pas à être expliqués pour être compris. Je pense toujours à l’aspect personnel ainsi que l’aspect universel. Il existe un lien entre l’aspect personnel et l’aspect universel. Il n’y a rien d’exceptionnel dans mon expérience personnelle. J’ai l’impression qu’elle est constituée des émotions par lesquelles tout le monde passe à un certain moment dans sa vie. Je capture les émotions, les converti en symboles, et élargi leurs horizons. C’est ce qui rend mon travail métaphorique. »

Pour Jee Young Lee, la difficulté n’est pas d’avoir des idées mais de savoir si elles peuvent être recréées et comment: « Remplir une image implique beaucoup de réflexion. La façon dont je vais illustrer ma scène est une combinaison de mes pensées. Je dois trouver l’objet qui est le meilleur dans le décryptage de mon histoire, la signification que cet objet pourrait avoir, ce qu’il pourrait représenter et les sens qu’on peut lui attribuer. Ensuite, je dois planifier les couleurs, puis travailler sur leurs combinaisons et leurs sens, et la façon dont seront utiliser les objets pour la composition. Parfois, cela implique beaucoup de recherche. Je pense toujours à la combinaison optimale des éléments. »

La création d’un tableau photographique se fait toujours selon la même méthode : d’abord, elle commence par dessiner une ébauche de son sujet ou son idée. Puis elle effectue des recherches d’images et de matériaux pour travailler plus précisément les détails. Elle choisi l’angle de prise de vue de son appareil photo et l’ajuste, et commence ensuite à fabriquer les éléments un à un, avant de prendre une série de clichés une fois la construction de la scène terminée. Jee Yung Lee passe plusieurs mois pour réaliser une scène, auxquels s’ajoutent le temps à planifier les détails, le réglage des lumières. Mais parfois, elle peut y consacrer beaucoup plus de temps, comme pour Treasure Hunt », (2ième photo) pour lequel il lui a fallu trois mois de travail entier, avec près de huit heures par jour à tisser des morceaux de fil sur un tamis pour compléter le revêtement d’herbe.

Elle n’utilise pas photoshop ou d’autres logiciels de retouche (excepté pour effacer les fils de pêche qu’elle utilise parfois pour suspendre des objets au plafond), elle ne le dénigre pas, mais explique simplement que sa philosophie de travail est différente : « Le processus épuisant de la construction d’un l’ensemble est un peu comme un voyage spirituel. »

Pour ceux ou celles qui seraient dans la région de Cannes, elle y est exposée jusqu’au 15 mars à l’Opiom gallery .

1 Comment

  • Waow! La 7 est particulièrement bluffante! Et j’ai évidemment une sensibilité pour la première, cette flûtiste dont on ne sais si elle est naufragée ou complice de cette mer de feuilles de ginkgo, magnifique!

    Un grand merci!

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